mercredi 27 juillet 2011

Entretien en sortant de la douche

Un inconnu fort bien intentionné est venu me trouver après les premières répétitions des Contes de la cabine pour me poser quelques questions. Je me suis plié à l'exercice avec beaucoup de docilité afin de donner une série d'éclairages sur ce qui motive la création de cette petite forme.

D'où vous est venu l'idée des Contes de la cabine ?

Une fois mes textes écrits et publiés, je travaille généralement sur de nouveaux projets et j'abandonne mes histoires. J'ai envie de me réapproprier certains textes au-delà de leur existence sous la forme de livres. Me les remettre en bouche pour les proposer au public avec un univers visuel inédit. Il y a des personnages auxquels je suis particulièrement attaché. J'ai envie de les retrouver.

Pourquoi une cabine de douche ?

J'avais besoin de créer une structure parfaitement autonome. Une petite scène avec laquelle je puisse me déplacer pour transformer n'importe quel lieu en salle de spectacle.
La notion d'intimité m'importait également. Je souhaite entretenir une relation de proximité avec le public, partager avec eux un moment intime. Et la douche est symboliquement un lieu d'intimité.

Du théâtre d'objets tout-terrain, c'est quoi ?

Avec Gilles Debenat (Compagnie Drolatic Industry), qui assure la mise en scène, nous avons pensé que cette forme était la plus adaptée pour ce que nous voulions transmettre. En détournant un certain nombre d'objets quotidiens qu'on trouve dans une salle de bains (brosses à cheveux, à dents, miroir, peigne, etc.), je suis parvenu à créer des liens entre quatre textes indépendants au départ. La mention "tout-terrain" donne une indication pratique concernant le spectacle. Il peut être joué partout. Une prise électrique suffit.

Pardonnez-moi mais le théâtre, ce n'est pas votre truc. Vous êtes auteur, je ne me trompe pas ?

Auteur, oui. Mais il y a longtemps, au siècle dernier, j'ai eu une première expérience de la scène. J'ai aimé le moment où le rideau s'ouvre et où on se trouve devant le public comme au bord d'une falaise. Il faut sauter et donner tout ce qu'on a. J'aime l'acte de générosité auquel s'adonne le comédien, les risques qu'il prend en direct.
Il y a eu également, en 2008, la rencontre de la compagnie Drolatic Industry et l'écriture de Lunatic (plus de 50 représentations). Cela a achevé de me convaincre qu'un jour, j'allais moi aussi monter sur scène.

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